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Approche socio-économique des Centres d’Éducation et de Formation en alternance (CEFA) en province de Liège.
Les CEFA (Centres d’Éducation et de Formation en Alternance) accueillent des jeunes de 15 à 25 ans – le plus souvent en décrochage scolaire – lesquels suivent une scolarité adaptée qui se partage entre des stages en entreprise et des cours plus traditionnels. L’objectif de mon mémoire est de proposer une analyse socio-économique de ces structures. À un moment où la formation en alternance suscite un regain d’intérêt de la part des entreprises, souvent confrontées à la difficulté de trouver une main-d’œuvre adaptée, cette analyse me semblait d’un apport pratique nécessaire.
Je consacre la 1ère partie de mon travail à une présentation générale des CEFA, dans laquelle je décris leur cadre historico-légal, l’évolution de leurs effectifs et leur financement. À ce propos, je détaille les budgets accordés aux CEFA en Communauté française et calcule le coût moyen par élève. Enfin, je passe en revue les différents statuts sous le couvert desquels les jeunes prestent leur second mi-temps en entreprise.
L’objet de la 2ème partie dépasse le simple cadre des CEFA : en effet, j’y examine la formation en alternance en général.
Après avoir défini celle-ci et présenté ses avantages, je décris la pratique de l’alternance dans deux pays de l’Union Européenne : l’Allemagne et la France. Ces pages sont l’occasion d’établir des comparaisons et de relever certaines pratiques dignes d’intérêt. Je reviens, ensuite, en Belgique où une véritable filière en alternance a vu le jour tout récemment. Cette approche descriptive étant insuffisante à produire une analyse, il était nécessaire de réaliser une enquête sur le terrain. Celle-ci constitue la 3ème partie de mon mémoire. Cette investigation menée en province de Liège rencontre aussi bien des aspects sociologiques liés au public cible des CEFA qu’une approche économique décrivant l’emploi, les données budgétaires, la production de services au bénéfice de la collectivité (externalités positives). Au terme de cette enquête, je place les différents CEFA de la province dans une typologie particulière.
Dans une 4ème partie, je situe les CEFA dans la sphère de l’Économie Sociale. Partant de la définition de l’Économie Sociale proposée par le Conseil Wallon d’Économie Sociale (CWES), j’affine mon analyse en présentant deux approches intéressantes du tiers secteur. Je procède, ensuite, à une comparaison des CEFA et des Entreprises de Formation par le Travail (EFT) et j’examine les types de relations qu’entretiennent ces deux opérateurs de formation. J’aborde également le thème du parcours d’insertion auquel participent notamment les CEFA et les EFT.
L’objet de la 5ème partie est de détailler les problèmes majeurs que rencontrent les CEFA et de lancer des pistes pour les résoudre.
Enfin, la dernière partie de mon travail envisage le futur : d’une part, j’examine la manière dont les politiciens et les coordonnateurs voient l’avenir des CEFA. D’autre part, je synthétise un ensemble de propositions qui pourraient, me semble-t-il, améliorer le fonctionnement de ces institutions :
1. Trouver d’autres moyens de financement que ceux existants.
2. Inciter les entreprises à accueillir davantage de stagiaires.
3. Améliorer les outils de prévision sur les métiers et les professions à venir.
4. Développer une formation de tuteur en entreprise.
5. Créer une véritable synergie entre l’école et l’entreprise.
6. Prévoir différents aménagements au niveau des contrats (CISP, CAI).
7. Développer l’alternance pour les filles.
8. Améliorer l’image des CEFA.
9. Uniformiser le contenu des formations.
10. Prévoir des formations en alternance plus européennes.
Au terme de mon mémoire, je peux conclure que les CEFA remplissent une utilité sociale dont il faut tenir compte pour déterminer leur efficacité : ils contribuent non seulement à une processus de resocialisation de jeunes souvent engagés dans des dérives importantes mais aussi à l’épanouissement de ce public dit « à risques ». Même s’ils ne développent pas d’activité entrepreneuriale, les CEFA ont aussi une fonction économique importante puisqu’ils interagissent avec le marché du travail et contribuent à en favoriser la fluidité. Ils améliorent également la qualité et la productivité de la main-d’œuvre et participent, en cela, à la croissance économique.
J’espère, par mon travail, avoir contribué à une connaissance et à une reconnaissance des CEFA et, en cela, avoir amélioré leur image, notamment aux yeux des entreprises.